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mardi 11 novembre 2014

Bioplastiques : Distinctions Subtiles mais Significatives

Les bioplastiques suscitent depuis quelques années un intérêt grandissant. Toutefois, le développement de ce nouveau secteur n’est pas sans soulever un certain nombre de questionnements et de défis.

Le vocabulaire utilisé sème la confusion et l’amalgame

Les termes « biodégradable, compostable, biosourcé, dégradable voire oxo-biodégradable » sont largement utilisés comme argument de promotion de matériaux «environnementaux». La situation actuelle est plus que confuse. La sémantique utilisée pour la promotion de ces nouveaux produits est souvent complexe, reposant sur des termes galvaudés et jouant sur l’ambigüité, ce qui ne permet pas aux consommateurs avertis d’opérer des choix éclairés.

Il faut dire que la définition même du terme « bioplastique » n'est pas claire. Sciences et Avenir définissait les bioplastiques comme étant : « un néologisme formé de toutes pièces par les industriels et qui recouvre des plastiques à la composition et à l’intérêt écologique très variables »
Le terme « bioplastique » est aujourd’hui utilisé pour désigner deux réalités distinctes : l’origine de la ressource et la gestion de la fin de vie. Contrairement aux termes biodégradable et compostable qui font référence à la gestion de fin de vie, le terme biosourcé est plutôt en lien avec l’origine de la ressource du bioplastique. Il englobe donc les plastiques des trois catégories suivantes :

1.     Biodégradables et issus de ressources renouvelables : ex. PLA (Natureworks)
2.     Biodégradables et issus de ressources non renouvelables (origine fossile) : ex. Ecoflex (BASF)
3.     Non biodégradables et issus de ressources renouvelables : ex. Green PE (Braskem)

Les distinctions sont subtiles mais importantes. Il convient de mentionner que certains matériaux biodégradables peuvent être fabriqués à partir de ressources fossiles. Il ne faut pas non plus confondre le biodégradable et le compostable : la biodégradabilité ne veut pas nécessairement dire compostabilité. Si un plastique est compostable, il est forcément biodégradable, mais la réciproque n’est pas vraie. De plus, bio-sourcé ne veut pas dire nécessairement compostable.
Dans un but de clarification, il faudrait éviter l’utilisation du terme de bioplastique et lui préférer celui de plastique compostable ou celui de plastique biosourcé (compostable ou recyclable).

Gestion de fin de vie, le casse-tête

Une mauvaise gestion de fin de vie des plastiques compostables risque potentiellement de contaminer l’ensemble de la chaîne de recyclage ou même d’avoir des effets pervers sur l’environnement s’ils se trouvent dans les sites d’enfouissement. Les plastiques compostables qui sont déviés de la voie du compostage risquent en effet, de causer plus d’impacts nocifs sur l’environnement ainsi que des dommages au sein de l’industrie de recyclage. En effet, la dégradation d’un bioplastique dans un site d’enfouissement génère du méthane, un des principaux gaz à effet de serre, dont le pouvoir réchauffant est environ 23 fois supérieur à celui du CO2. De même, les bioplastiques qui finissent dans un bac de recyclage risquent de contaminer la chaîne de recyclage, si l’on ne peut les différencier des pétro-plastiques.

Promouvoir avec discernement

Il s’avère impératif de mieux informer les consommateurs pour qu’ils comprennent quelle est la véritable valeur ajoutée environnementale de ces produits. Le vrai débat est celui de la valeur ajoutée environnementale des bioplastiques. Elle n’est réelle que lorsqu’il n’est pas possible d’envisager les 3R (Réduction, Réutilisation, Recyclage). Il ne faudrait pas laisser croire au consommateur que tous ces matériaux qui s’arrogent le préfixe « Bio » ne posent aucun problème en matière de déchets et pourraient magiquement disparaitre de notre environnement. De plus, le développement des bioplastiques ne doit pas compromettre la hiérarchie d’usage des ressources.


Promouvoir la biodégradabilité des plastiques (A lire aussi Bannir le « Biodégradable »…!) auprès des consommateurs, peut aussi comporter le risque d’augmenter les cas d’abandon sauvage, alors que les comportements à encourager doivent rester la prévention et la participation individuelle au système collectif de gestion des déchets. En d’autres termes, plastique « bio » ou « petro », il ne faut pas jeter; Il faut plutôt, dans l’ordre, Réduire, Réutiliser, Recycler et Composter.

lundi 10 novembre 2014

Bannir le « biodégradable »…!

Généralement, le terme biodégradable est perçu de façon positive par le consommateur, qui trop souvent considère que ce qui est biodégradable peut magiquement disparaître. Il faut rappeler que tout est potentiellement biodégradable; ce n’est qu’une question de temps.

Derrière la terminologie biodégradable se cache parfois une tentative à peine éhontée de «Greenwashing». De surcroît, mettre l’accent sur la biodégradabilité d’un plastique auprès des consommateurs peut comporter un effet pervers et faire augmenter les risques de cas d’abandons sauvages.

Au lieu d’insister sur l’aspect biodégradable, il serait préférable de promouvoir le compostable. Rappelons que si un plastique est compostable, il est forcément biodégradable, mais la réciproque n’est pas vraie. De plus en utilisant le terme compostable, cela ne laisse plus la place à l’ambigüité : le consommateur est d’emblée informé de ce qu’il devra en faire à la fin de son cycle de vie, c'est-à-dire le destiner au compostage. En revanche, que doit faire le consommateur d’un produit prétendument «biodégradable» au terme de sa vie utile? La confusion règne.


En conclusion, il ne faudrait pas laisser croire au consommateur que tous ces matériaux qui s’arrogent le préfixe «Bio» ne posent aucun problème en matière de déchets et pourraient magiquement disparaitre de notre environnement. Il s’avère impératif de mieux informer les consommateurs. Il ne faudrait pas qu’ils leur attribuent des vertus miraculeuses qui les déresponsabiliseraient d’une gestion plus éco-responsable des matières résiduelles commençant par une Réduction à la source, la Réutilisation et le Recyclage. Enfin, le compostable n’a vraiment de valeur ajoutée environnementale que lorsqu’il n’est pas possible d’envisager les 3R.

mercredi 5 novembre 2014

Sacs plastiques : cause environnementale dérisoire ?

Depuis plusieurs années, un peu partout dans le monde, les sacs en plastiques sont mis à l’index, accusés d’être un terrible fléau environnemental dont le symbole ultime est le terrible 6ème continent formé par un vortex de déchets essentiellement plastiques flottant au centre du Pacifique.



Chez nous, au Québec, il paraîtrait que la taxe de 5 cent a porté ses fruits et que les consommateurs seraient de plus en plus nombreux à utiliser les sacs réutilisables. Et tout le monde s’en félicite. Mais est-ce vraiment un geste vert dont on doit s’enorgueillir quand on sait que… ?

  1. Le souci environnemental c'est moins le sac en lui-même que le comportement inconsidéré de certains consommateurs qui  jettent les sacs n'importe où.
  2. Les sacs représenteraient seulement 1 % des matières envoyées aux sites d’enfouissement dans lesquels le problème n’est pas le plastique inerte mais les matières putrescibles.
  3. L’une des alternatives qu’on nous propose, le sac biodégradable ne fait toujours pas la preuve de sa valeur ajoutée ni de son innocuité environnementale. Pire, les centres de tri, les accusent de contaminer la chaîne du recyclage et nous demande de les jeter aux rebus, bref de les destiner à l’enfouissement.
  4. Encourager l’usage du sac réutilisable est une politique de petits-pas qui ne cause pas de débat politique risqué, et qui contente ceux qui veulent se donner bonne conscience… c’est peut être bien, mais c’est trop peu, surtout pour les entreprises de la distribution qui souhaitent développer une image éco-responsable. On parlera de véritables efforts lorsque l’éco-conception sera généralisée.



Le sac plastique c’est un peu un non problème pour lequel on a trouvé une solution

lundi 14 octobre 2013

L'emballage, nécessaire ou superflu?

Pourquoi emballer un concombre dans un film plastique? Peut-on vivre sans emballage? Les emballages écoresponsables, est-ce que ça existe? Si vous avez déjà eu ces questionnements, rendez-vous à la conférence-midi organisée par Cascades et Quantis sur l'impact environnemental des emballages.

Quand : Le mardi 22 octobre, de midi à 13 h 30

Qui : Edouard Clément, directeur général, Quantis
Islem Yezza, directeur technique, Cascades


Où : Maison du développement durable
50, rue Sainte-Catherine Ouest
Montréal (Québec)

Si vous ne pouvez y assister, l'événement sera webdiffusé.



dimanche 9 juin 2013

Emballage : les géants imposent les règles

Si une industrie peut souffrir du qualificatif non-environnemental, c’est bien celle de l’emballage. Les temps changent cependant et de plus en plus, elle entame un tournant vert. Tendance imposée par les demandes des consommateurs et aussi des géants comme WalMart.

L’industrie de l’emballage au Québec : ce sont des milliers d’emplois, une concurrence féroce entre des PME et de grandes entreprises comme Alcan et Cascades, le tout doté d’un dynamisme certain. Elles sont présentes à toutes les étapes de création d’un emballage. « C’est un secteur industriel qui est de façon générale en bonne santé », souligne Denis Darche, président de la section québécoise de l’Association canadienne de l’emballage (ACE).

De la production de la matière première (carton, papier, aluminium), aux produits finis, à l’impression et à la livraison. Là où le consommateur ne voit que l’emballage et le gaspillage qui en résulte, la réalité est tout autre, car si autant d’entreprises se partagent ce marché c’est parce que l’emballage répond à plusieurs besoins.

« L’emballage protège ce qu’il vend et vend ce qu’il protège. Il garantit la santé et la sécurité des consommateurs. Sans l’emballage, plus d’un tiers des aliments seraient gaspillés ou perdus. Il constitue un support d’information et de communication », mentionne Islem Yezza, directeur technique Cascades groupe produits spécialisés.


dimanche 6 janvier 2013

Emballage Alimentaire: Un Partenaire Actif !


Je vous invite à lire mon article publié dans le dernier numéro de la revue l’Actualité Alimentaire: Emballage Alimentaire: Un Partenaire Actif !

Les emballages actifs entrent en interaction avec l’aliment ou s’adaptent à son environnement pour préserver, le plus longtemps possible, et de façon optimale, ses qualités organoleptiques et nutritionnelles. Les possibilités offertes par les emballages actifs sont prometteuses. Certaines de ces applications sont déjà commercialisées, mais plusieurs d'entre elles en sont encore au stade du développement.

La conservation prolongée des produits et la réduction au niveau des pertes dues à la dégradation des aliments procurent des avantages économiques considérables à l’industrie de l’alimentation. Au Québec, on s’en tient à quelques absorbeurs d’oxygène ou d’humidité et aux emballages sous atmosphère modifiée. Le marché est encore balbutiant et le principe de précaution, adopté dans plusieurs pays, demeure un frein majeur au développement des emballages actifs.

L’avenir des emballages actifs dans l’industrie alimentaire semble être conditionné par la réduction de leur prix, combiné à une plus grande acceptation de ces produits par tous les acteurs de la chaîne, et surtout augmenter la durée de vie de l’aliment sans compromettre ses propriétés organoleptiques.


Nb: N'hésitez pas à me contacter (pak-bec@hotmail.com) si vous voulez consulter l'intégrale de cet article

mardi 18 septembre 2012

“Inflation masquée”: Moins dans l’emballage au même prix

L’industrie agro-alimentaire est fortement touchée par l’augmentation des prix des denrées alimentaires (sucre, farine et lait surtout), à laquelle s’ajoute l’augmentation du prix de l’emballage, lui-même, tiré à la hausse par l’explosion des cours du pétrole. 

Depuis toujours les manufacturiers doivent trouver la juste équation entre, d’une part le prix de leur produit, leurs profits, l’emballage et, d’autre part, les aléas du marché comme l’augmentation des prix de la matière première, et une compétition de plus en plus féroce. Pour rester concurrentiels et plutôt que d’opter pour une augmentation des prix de leurs produits, plusieurs marques ont trouvé une solution miracle : procéder à une belle cure d’amaigrissement de l’emballage et tant qu’à faire du contenu. Si la taille de l’emballage diminue, et si le contenu est réduit, le prix reste toutefois le même; c’est ce qu’on appelle le «Shrink Packaging». Le plus souvent, le consommateur ne s’en aperçoit pas car cela se dissimule derrière un nouveau design plus moderne et plus alléchant. 

Ce phénomène a toujours existé, mais les compagnies sont de plus en plus nombreuses à le pratiquer. Depuis l’automne 2008, on assiste à une recrudescence de cette pratique qui s’est largement accentuée en raison de la crise. Selon plusieurs études de marché, prés de 30% des biens emballés, et pas seulement des produits alimentaires seraient concernés par une réduction de taille (poids/volume).

Il est pourtant certain qu’il serait plus rentable pour les entreprises de communiquer sur ce « grignotage de contenu » et de l’expliquer au grand public, plutôt que de le passer en douce. Cela pourrait en effet affecter l’image de la marque. Le consommateur fidèle pourrait en effet se sentir berner et finir par bouder celle-ci. En la matière, comme dans d’autres domaines, la transparence a ses vertus. Par ailleurs, cela pourrait être l’occasion pour les manufacturiers de communiquer sur la dimension environnementale d’une telle démarche de « Shrinking ». En effet, la plupart du temps, réduire l’emballage à la source peut être l’occasion de diminuer grandement l’impact environnemental du produit.

mercredi 25 juillet 2012

Bannissement des sacs plastiques : cause environnementale dérisoire ?


Depuis plusieurs années, un peu partout dans le monde, les sacs en plastiques sont mis à l’index, accusés d’être un terrible fléau environnemental dont le symbole ultime est le terrible 6ème continent formé par un vortex de déchets essentiellement plastiques flottant au centre du Pacifique.

Au Québec, il paraîtrait que la taxe de 5 cent a porté ses fruits et que les consommateurs seraient de plus en plus nombreux à utiliser les sacs réutilisables. Et tout le monde s’en félicite.

Selon une étude (ici) présentée lundi par le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, les Québécois ont réduit de 52 % leur utilisation de sacs d'emplettes à usage unique entre 2007 et 2010.

Mais est-ce vraiment un geste vert dont on doit s’enorgueillir quand on sait que…? :

-   Les sacs représenteraient seulement 1 % des matières envoyées aux sites d’enfouissement dans lesquels le problème n’est pas le plastique inerte mais les matières putrescibles.

-    L’une des alternatives qu’on nous propose, le sac biodégradable ne fait toujours pas la preuve de sa valeur ajoutée ni de son innocuité environnementale. Pire, les centres de tri, les accusent de contaminer la chaîne du recyclage et nous demande de les jeter aux rebus, bref de les destiner à l’enfouissement.

-    Le véritable problème est celui du suremballage qui est bien plus dommageable.

-   Le souci environnemental c'est moins  le sac en lui-même que le comportement inconsidéré de certains consommateurs qui  jettent les sacs n'importe où.

-     Encourager l’usage du sac réutilisable est une politique de petits-pas qui ne cause pas de débat politique risqué, et qui contente ceux qui veulent se donner bonne conscience…c’est peut être bien, mais c’est trop peu, surtout pour les entreprises de la distribution qui souhaitent développer une image éco-responsable. On parlera de véritables efforts lorsque l’éco-conception des emballages sera généralisée.

Le sac plastique c’est un peu un non problème pour lequel on a trouvé une solution.

mercredi 4 juillet 2012

Gaspillage alimentaire : L’emballage à la rescousse !


Je vous invite à lire mon article publié dans le dernier numéro de la revue l’Actualité Alimentaire : Gaspillage alimentaire : L’emballage à la rescousse !

Lorsque l’emballage et l’environnement sont évoqués, surgit inévitablement le problème des déchets. Cependant, le problème n’est pas l’emballage en tant que tel, mais le suremballage, un phénomène qui coûte cher au fabricant et agace énormément le client.

Tout le monde semble en effet avoir oublié à quoi sert un emballage. La principale fonction de l'emballage est d’être au service du produit. L’emballage doit conserver et protéger le produit tout au long de la chaîne allant du fabricant au consommateur en passant par le transport et le stockage intermédiaire. Il évite ainsi qu'une partie du produit ne se perde ou ne s'abîme, ce qui impliquerait une perte économique et écologique beaucoup plus importante que celle causée par l'emballage. Un bon emballage constitue aussi une garantie pour la santé et la sécurité des consommateurs. Enfin, l'emballage a encore d'autres fonctions telles que la mise à disposition d'informations, le marketing, la diversification et la présentation des produits en portions adaptées.


Nb: N'hésitez pas à me contacter (pak-bec@hotmail.comsi vous voulez consulter l'intégrale de cet article

lundi 5 mars 2012

« Survivre Sans Emballage! », NON. Lutter Contre le Suremballage, OUI



Marie-Eve Cloutier a très bien résumé la conférence que j’ai donnée dans le cadre des 48 heures de la communication pour le développement durable (Eastman, 16 et 17 février 2012)

Ci-dessous l’article publié dans GaïaPresse :

Le Défi « Survivre Sans Emballage! » consiste à éviter un maximum d’emballages pendant la Semaine québécoise de réduction des déchets. Mais survivre quotidiennement sans emballage, est-ce possible? « Je crois plutôt que la vraie question devrait être comment lutter contre le suremballage », précise Islem Yezza, directeur technique chez Cascades et spécialiste en emballages.

L’emballage, ce mal aimé

Selon Islem Yezza, on critique beaucoup les emballages, car ils sont très visibles et qu’ils sont immédiatement perçus comme des déchets. « On oublie souvent le rôle de l’emballage. Il protège, transporte, conserve et donne de l’information sur le produit qu’il contient », fait-il valoir.

Selon un rapport préparé par la FAO, le tiers des aliments produits chaque année dans le monde pour la consommation humaine, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé. « En plus de garantir la santé et la sécurité du consommateur, je crois aussi que l’emballage à un rôle à jouer pour éviter ce genre de gaspillage » ajoute Islem Yezza.

D’après le spécialiste en emballage, sur les 13 millions de tonnes de déchets produits annuellement au Québec, seulement 600 000 tonnes sont des déchets d’emballage, dont la moitié est récupérée. L’emballage représente aussi seulement 10% de l’impact environnemental des produits alimentaires.

L’écoconception est la clé

De plus en plus de consommateurs veulent des produits à la fois écoresponsables et pratiques. Pour arriver à cette fin, Islem Yezza croit qu’il faut penser à l’écoconception du couple produit/emballage. « On doit concevoir mieux avec moins : utiliser moins de matières qui ont un fort impact sur l’environnement, éliminer ou réduire les substances toxiques qui risquent de migrer vers les aliments et maximiser la durabilité de l’emballage et ainsi retarder sa mise aux rebuts. »

L’écoconception s’avère également une démarche profitable pour les entreprises. Comme le précise Islem Yezza, un emballage «écoconçu» signifie moins de matières premières, moins de transport, et moins de déchets, ce qui entraîne une augmentation des profits puisque les coûts de production sont réduits. « Nous avons donc un gain environnemental, un gain économique, mais aussi un gain en ce qui concerne l’image de la compagnie » ajoute Islem Yezza.

Vraiment bio, le bioplastique?


Depuis quelques années, on entend beaucoup parler de bioplastique. Cependant, d’après le directeur technique chez Cascades, la gestion de fin de vie de ces plastiques est un casse-tête et leur durabilité est mise en doute, sans compter que le vocabulaire utilisé sème la confusion : « On utilise les mots «biodégradable», «compostable», «dégradable», «oxodégradable», etc. La sémantique est complexe et c’est difficile pour le consommateur de faire un choix éclairé. »

De plus, une mauvaise gestion de la fin de vie des bioplastiques peut avoir des effets pervers sur l’environnement. « Si un bioplastique se retrouve dans un site d’enfouissement, la matière organique va se transformer en méthane, donc émettre des gaz à effet de serre. Dans un centre de recyclage, il va contaminer les autres types plastiques », explique Islem Yezza.

Bref, Islem Yezza rappel aux consommateurs que tous les matériaux avec le préfixe «bio» ne sont pas nécessairement bons pour l’environnement. « Il faut informer le consommateur pour qu’il comprenne la véritable valeur ajoutée des bioplastiques. Les comportements à encourager demeurent pour l’instant les 3RV », conclut-il.

mercredi 15 février 2012

Peut-on survivre sans emballage?

Je serai ce vendredi sur le panel thématique: Communication visuelle responsable pour échanger sur l’emballage et le suremballage.


Au lieu de parler de zéro emballage, il serait plus adéquat de parler de Lutte contre le suremballage; un phénomène qui coûte cher au fabricant et suscite des réactions du client. L'emballage est un bien nécessaire plutôt qu'un mal. Il joue un rôle majeur dans la protection et la conservation des aliments en garantissant la sécurité alimentaire. Il constitue aussi un atout majeur dans la réduction des pertes de produits périssables.

Voici le plan de ma présentation :

    1. Emballage: outil technique et marketing
    2. Emballage et suremballage
    3. Emballage et éco-conception
    4. Emballages et plastiques biodégradables
    5. Emballages éco-conçus
    6. Conclusions
 Au plaisir de vous rencontrer et d’échanger avec vous!

lundi 19 septembre 2011

Éco-conception : Fonctionnalité VS environnement


Éco Entreprises Québec (ÉEQ) vient de lancer le Code volontairepour l'optimisation des contenants, emballages et imprimés, destiné aux entreprises assujetties au régime de compensation de la collecte sélective. D’après ÉEQ, la marche à suivre : trois champs d'intervention et sept stratégies proposées:
Basé sur le cycle de vie d'un produit emballé, le Code volontaire constitue une approche cadre. Axés sur les principes de réduction à la source, d'éco-conception et de recyclabilité, ces champs d'intervention chapeautent sept stratégies pour guider les entreprises dans le déploiement de leurs démarches d'optimisation : penser cycle de vie, adopter des critères d'approvisionnement responsable, améliorer le ratio emballage/produit, concevoir pour le transport, améliorer le scénario d'usage, améliorer la recyclabilité et communiquer.

Deux commentaires :

Un pléonasme: « axés sur les principes de réduction à la source, d'éco-conception et de recyclabilité ».

L’éco-conception des emballages intègre les aspects environnementaux, économiques et sociaux à chacune des étapes de la vie du couple contenu-contenant. C’est une démarche novatrice et préventive qui vise à minimiser l’impact de ces derniers sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie. Il s’agit essentiellement de privilégier la réduction à la source, d’encourager la réutilisation et le recyclage et de promouvoir la mise au point de matériaux renouvelables. Cette méthodologie promet une approche multicritères (examinant tous les impacts environnementaux), multi-étape (considérant toutes les phases du cycle de vie) et multi-acteur (sollicitant tous les acteurs de l’entreprise et du marché).

Une confusion : J’avoue ne pas comprendre ce qu’on veut dire par « Améliorer le scénario d'usage » et comment on peut l’améliorer?

L’éco-conception présente, certes des vertus incontestables. Cette démarche est fréquemment profitable pour l'entreprise. Elle contribue à augmenter ses profits soit par une augmentation des ventes, soit par une réduction des coûts de production. Cependant, l’éco-conception ne doit pas faire oublier les fonctionnalités et attentes de tout emballage : Conservation, protection transport et…Praticité. Par praticité, on entend la facilité d’ouverture et le confort d’utilisation.


lundi 22 août 2011

La prévention du gaspillage et des pertes des produits de grande consommation: le rôle clé de l'emballage


Cette nouvelle publication du CNE a pour objectif d’analyser les causes du gaspillage et des pertes de produits de grande consommation et d’en connaître les acteurs. Elle développe plus particulièrement des pistes de réflexion ainsi que des bonnes pratiques permettant à l’emballage de contribuer à la réduction de ces pertes et gaspillages.

Télécharger la publication ici

mardi 19 avril 2011

Danone adopte des technologies vertes pour ses emballages

Danone au Canada annonce aujourd'hui deux innovations majeures concernant ses emballages : un nouveau procédé de fabrication écologique, appelé « expansion » pour le plastique de polystyrène utilisé pour ses pots, ainsi que l'adoption de la version écologique du polyéthylène haute densité (HDPE) pour sa gamme de yogourts à boire. Ces innovations viennent directement répondre à son objectif corporatif de réduire de 30 % son empreinte de carbone en 2012.

« Ces initiatives environnementales audacieuses et cohérentes avec notre mission et nos objectifs en matière de réduction de CO2 nous poussent à repenser complètement l'emballage de nos produits pour la protection de l'environnement et le bien-être de nos consommateurs » indique Anne-Julie Maltais, chef des communications externes de Danone inc. au Canada.

Le procédé « expansion » consiste en l'ajout d'un agent inerte dans le plastique de polystyrène. L'introduction de cet agent forme une mince couche de mousse de polystyrène, réduisant ainsi la densité globale du plastique d'environ 18%. Par conséquent, le poids du plastique des pots individuels des marques Activia, Stonyfield, Silhouette et Crémeux est diminué du même pourcentage. « À ce jour, environ 40 % du volume de ces marques utilisent ce procédé en vue d'une intégration complète d'ici juin 2011 », ajoute Mme Maltais.

De plus, la version écologique du polyéthylène à haute densité (HDPE) diffère de sa version classique puisqu'il est fabriqué entièrement à partir de canne à sucre, produit naturel et non d'hydrocarbure. Grâce à ce bioplastique, Danone réduira l'empreinte de CO2 des contenants des yogourts à boire de 55 % (DanActive, Danacol, Danino Go et Activia à boire). De plus, ce bioplastique est 100% recyclable. Malgré le fait qu'il engendre des coûts de fabrication supplémentaires pour la compagnie, son adoption se fera graduellement pour atteindre une pleine intégration d'ici la fin de l'année 2011.

«Comme les emballages des produits Danone représentent 40 % de notre empreinte écologique, soit le deuxième facteur le plus important en terme d'émission, nous avons investi beaucoup d'effort en recherche et développement » renchérit, Mme Maltais.

Source : Danone

vendredi 28 janvier 2011

Metro adopte un emballage "écoresponsable"

Les magasins Metro viennent de lancer un nouvel emballage "écoresponsable" pour leurs pommes de terre de marque privée.

L’entreprise indique ainsi que cet emballage, fait de polyéthylène basse densité, est entièrement recyclable. "Développé dans le but de réduire les matières et ressources utilisées lors de la fabrication", le sac est notamment 35% moins lourd que l’ancienne version, et permet de réduire de 70% le nombre de camions nécessaires à son transport. L’entreprise indique également que le fait que le nouvel emballage soit maintenant produit au Québec plutôt qu’outre-mer diminue de 85% la distance parcourue, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre.

"Repenser nos emballages et trouver des solutions pour les rendre plus écologiques font partie de nos priorités en matière d’environnement", dit Marie-Claude Bacon, directrice des affaires corporatives, qui rappelle en outre que Metro avait été le premier distributeur alimentaire à offrir, en 2006, des sacs d’emplette réutilisables.
 
 
Commentaire: Pourquoi Metro n'a pas opté pour un sac de pommes de terre en papier recyclé?

lundi 29 novembre 2010

Les Français sont plus sensibles aux emballages

Le CREDOC vient de réaliser pour le compte de l'ADEME une enquête sur les attitudes et comportements des Français en matière d’environnement. Parmi ses résultats, l'enquête 2010 souligne que l’acte de trier ses déchets s’est véritablement ancré dans les pratiques quotidiennes. Les consommateurs sont maintenant de plus en plus vigilants sur les emballages au moment de l’achat et la pratique du tri contribue à façonner un nouveau rapport aux emballages tout au long du cycle de consommation.

Télécharger la synthèse de l'étude (PDF - 154K - 29/11/2010)

L'étude sur le site du CRÉDOC

dimanche 21 novembre 2010

Les emballages conjuguent écologie et praticité pour continuer à séduire

Pour des raisons économiques, environnementales et marketing, les industriels de l'emballage misent sur l'innovation écologique, sous la pression des consommateurs qui réclament moins d'emballages, sans toutefois vouloir renoncer à leurs avantages pratiques.

Qu'il s'agisse de carton, plastique ou métal, les fabricants d'emballages "ont placé les innovations en faveur du développement durable au centre de leur stratégie", selon le spécialiste Bertrand Perri, dans une étude du cabinet d'études économiques Xerfi.

D'ici 2014, le marché des emballages respectueux de l'environnement devrait doubler à 170 milliards de dollars, d'après une étude de Pike Research citée par Annette Freidinger, consultante pour le salon international de l'emballage, qui ouvre lundi à Villepinte, près de Paris.

Ce sont d'abord des obligations réglementaires qui ont poussé les acteurs de l'emballage, à l'image des géants Verallia, Impress, Gascogne ou Tetra Pak, à parier sur le développement durable.

Depuis 1998, les industriels doivent prendre en compte les exigences liées à l'environnement et la priorité donnée à la diminution des déchets a été renforcée par une directive européenne de 2004. Le Grenelle de l'Environnement a été plus loin, en fixant un objectif de taux de recyclage de 75% à 2012.

Fabricants et concepteurs se sont d'abord livrés à "une course à l'allégement", selon M. Perri.

Depuis 1998, les seuls acteurs du Conseil national de l'emballage (CNE) en France ont réduit de 75.000 tonnes le poids des emballages, tous matériaux confondus, soit le volume de 5.000 camions par an.

Par ce biais, le vert devient aussi une carte à jouer économique, en réduisant les besoins en matières premières. Atout non négligeable quand plastique, pâte à papier ou aluminium renchérissent.

Cette source d'économie est d'autant plus recherchée que, si 2010 s'annonce en légère reprise, le marché mondial de l'emballage, tributaire de la consommation, a souffert de la crise, baissant de 2,6% en 2009 à environ 415 milliards d'euros, selon Annette Freidinger.

En France, le chiffre d'affaires du secteur, qui rassemble 1.500 entreprises, a perdu environ 10% à 19 milliards, d'après le Comité de liaison des industries françaises de l'emballage (Clife).

Mais le seul allègement a ses limites, ce qui stimule la recherche d'innovations technologiques "éco-conçues", comme l'emploi de matériaux biosourcées ou recyclés.

"Il existe encore une marge de réduction de poids pour certains produits emballés, mais il serait erroné de croire que l'on puisse réaliser les mêmes réductions que celles réalisées ces dix dernières années", souligne Bruno Siri, délégué général du CNE, association créée en 1997 diffusant des bonnes pratiques de conception d'emballages.

Trop léger, l'emballage risque de perdre son intérêt: bouteille trop fine qui se broie quand on la prend en main, ou pot de yaourt s'écrasant dans le chariot du supermarché.

Outre l'obligation réglementaire et l'intérêt économique, le développement durable est devenu un atout marketing non négligeable pour séduire les consommateurs, qui sont 59% à considérer que la recyclabilité est une fonction à part entière de l'emballage, selon un sondage Ipsos réalisé pour le salon de l'emballage.

Mais "même si le consommateur réclame des emballages recyclables et recyclés, il ne souhaite pas revenir en arrière sur les fonctionnalités que l'emballage lui a données jusqu'à présent", comme l'ouverture facile ou les monodoses, relève Mme Freidinger.


mardi 26 octobre 2010

EMBALLAGES ÉCORESPONSABLES: Concevoir mieux avec moins

Suite à plusieurs demandes des lecteurs de ce blogue, je publie l’intégralité de l’article: EMBALLAGES ÉCORESPONSABLES : Concevoir mieux avec moins, publié dans le dernier numéro de L’Actualité Alimentaire.

Cliquez ici pour télécharger l’intégralité de l’article

Bonne lecture

mercredi 20 octobre 2010

Emballages Éco-Responsables : Concevoir mieux avec Moins

Je vous invite à lire mon article publié dans le dernier numéro de la revue l’Actualité Alimentaire : Emballages Éco-Responsables : Concevoir mieux avec Moins

La prise de conscience environnementale des entreprises agroalimentaires peut et doit devenir le moteur d’innovation en matière d’emballage. L’éco-conception est un outil prometteur dans une démarche stratégique pour se différencier de la concurrence et rassurer un consommateur soucieux d’opérer des choix plus verts.

dimanche 29 août 2010

Frito Lay et Naya : les limites de l’éco-conception

Explosion façon geyser à l’ouverture des nouvelles d’eau Naya composée de 100% de plastique recyclé post-consommation; bruissement insoutenable du paquet 100% compostable de chips Frito Lay…les emballages éco-conçus n’auraient-ils pas certaines limites que les industriels ne devraient pas sous-estimés ?

L’éco-conception présente, certes des vertus incontestables. Il s’agit d’une démarche novatrice et préventive, qui vise à minimiser l’impact de ces derniers sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie: 1) Privilégier la réduction à la source, 2) Encourager la réutilisation et le recyclage, 3) Promouvoir la mise au point de matériaux renouvelables. Cette démarche est fréquemment profitable pour l'entreprise. Elle contribue à augmenter ses profits soit par une augmentation des ventes, soit par une réduction des coûts de production.

Cependant, l’éco-conception ne doit pas faire oublier les fonctionnalités et attentes de tout emballage : Conservation, protection transport et…Praticité. Cette dernière semble justement avoir été sous-estimée par les nouveaux convertis à l’éco-conception.

Par praticité, on entend la facilité d’ouverture et le confort d’utilisation. Deux éléments qui semblent avoir été négligés par Naya et Frito Lay. Ils ont péché par excès de marketing vert.

Frito Lay et Naya promettent de remédier à ces deux désagréments. De nos jours, trouver le compromis entre suremballage, sous-emballage, durabilité et praticité est un objectif ambitieux mais incontournable pour tout industriel.

Vous pouvez consulter ici le dossier consacré à l’éco-conception des emballages


Optimum Packaging: The Innventia AB model shows that the environmental consequences of product losses caused by excessive packaging reduction are far greater than guaranteeing adequate protection through an incremental excess of packaging