jeudi 18 février 2010

Logos Bio à Gogo : Le grand ménage par l’étiquette carbone

La prise de conscience actuelle envers l'environnement et son corollaire l’apparition de nouveaux produits biodégradables ont favorisé l'émergence de nombreux logos et labels. Cependant, la surabondance de pictogrammes vert et bio a de quoi emmêler le consommateur qui ne sait plus où donner de la tête et en vient à s’interroger sur leur fiabilité. Comment se retrouver dans cette « jungle » de logos?

La situation actuelle est plus que confuse. La sémantique utilisée pour la promotion de ces nouveaux produits Bio est souvent complexe, reposant sur des termes galvaudés et jouant sur l’ambigüité, semant amalgame et confusion. Les notions de «biodégradable, compostable, dégradable voire oxo-biodégradable» sont largement utilisées comme argument de promotion de matériaux «environnementaux». Or, il n’est pas certain que le grand public ait une connaissance exacte de ce que à quoi renvoie chacune de ses notions. Un contexte qui ne permet pas aux consommateurs, même avertis, d’opérer des choix éclairés.

En fait, la conception de nouveaux matériaux devrait toujours être guidée par le concept de «Cradle to Cradle» (du berceau au berceau). La biodégradabilité peut trop souvent être suspectée de «Greenwashing». Au lieu d’insister sur l’aspect biodégradable, il serait préférable de promouvoir le compostable. Rappelons que si un plastique est compostable, il est forcément biodégradable, mais la réciproque n’est pas vraie. De plus, en utilisant le terme compostable, cela ne laisse plus la place à l’ambigüité : le consommateur est d’emblée informé de ce qu’il devra en faire à la fin de son cycle de vie, c'est-à-dire le destiner au compostage.

Étiquette « empreinte carbone » sur les emballages

Il est vraisemblable que nombre de ces logos est condamné à disparaître avec l’arrivée imminente des étiquettes « empreinte carbone ». Ces étiquettes sont déjà une réalité au Japon et au Royaume-Uni et le sera en France d’ici un an. Il s’agit d’un étiquetage environnemental qui vise à informer le consommateur des émissions de gaz à effet de serre qu'implique la production d'un produit. Ces gaz sont responsables du réchauffement climatique de la planète. Cette étiquette apposée sur les produits, notamment de grande consommation, prend en compte les 5 étapes clés du cycle de vie : l'extraction des matières premières, le transport, la fabrication du produit, l’emballage et la distribution. Le résultat est exprimé en gramme équivalent CO2 pour 100g de produit fini.
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D’ici là, il s’avère impératif de mieux informer les consommateurs pour qu’ils comprennent quelle est la véritable valeur ajoutée environnementale de ces produits. Il ne faudrait pas qu’ils leur attribuent des vertus miraculeuses qui les déresponsabiliseraient d’une gestion plus éco-responsable des matières résiduelles commençant par une réduction à la source.

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4 commentaires:

andrea a dit…

Je suis tout à fait d'accord avec vous, il ne faudrait pas que l'empreinte carbone deviennent un frein à la responsabilité de chacun de réduire à la source! Par contre, je pense que l'empreinte carbone qui sera en fonction au Québec, entre autre, sera une première pour nos entreprises certes mais surtout le but étant d'informer et de former le consommateur. Qui connaissait les gras trans il y a 10 ans? l'empreinte carbone sera dorénavant pris en ligne de compte dans les futurs achats de clients responsables! Enfin!

Ariane a dit…

Article très intéressant et porteur d'un certain espoir d'évolution. Comme le disait Andrea, les nouvelles étiquettes joueront un rôle éducatif pour le consommateur. Mais en ce qui concerne les plastiques compostables, ils sont intéressants dans la mesure où des programmes de compostage industriels sont instaurées par les villes. Ils ne se décomposent pas dans les bacs à compost familiaux (ceux-ci n'atteignant pas la chaleur nécessaire).

mutuelle a dit…

Pour la santé de vos enfants et pour préserver la planète, dites « Oui au bio dans ma cantine » !

Yannou a dit…

Merci Islem de cet éclairage porteur d'espoir. Mais cela soulève bien des questions: arriverons-nous à une méthode claire d'étiquetage des produits qui prendrait en compte tous les aspects de l'impact sur notre écosystème?

Est-ce que vous savez si certains groupes travaillent à de telles certifications qui seraient aprouvées par le gouvernement (pour donner plus de crédibilité et de légitimité auprès des citoyens)?

Yannick
www.yannou.com